L’agriculture fait vivre les territoires, les paysages, contribue au développement de l’économie à plusieurs niveaux, et génère une biodiversité spécifique et variée. Elle est aussi créatrice de valeur ajoutée et d’emplois non-délocalisables. On ne peut pas stopper la consommation de terrains à usage agricole, mais celle-ci doit être très limitée. Afin de sensibiliser les politiques et le grand public, les Jeunes Agriculteurs de la Dordogne ont relayé cette semaine sur les réseaux sociaux, la campagne de communication du réseau national dans le cadre de la « semaine du foncier ».

Le foncier est une ressource précieuse et limitée, et le premier outil de travail des agriculteurs. Une prise de conscience doit émerger à tous les échelons afin de le protéger. L’enjeu touche directement l’impératif du renouvellement des générations en agriculture. Alors que la moitié des agriculteurs partira à la retraite d’ici 10 ans, l’augmentation du prix du foncier et l’artificialisation des territoires agricoles rendent les terres de moins en moins accessibles pour les jeunes.

Le foncier agricole est aussi très convoité pour satisfaire les besoins en matière d’habitat, d’infrastructures de communication, de zones d’activités, énergies renouvelables, de loisirs, de compensation écologique, de production de services environnementaux etc. Depuis 1988 la SAU est en diminution constante en Dordogne, passant de 33 013 hectares en 1988 à 28 235 hectares en 2010 selon le Recensement Général Agricole.

L’artificialisation des terres agricoles engendre également la mise en œuvre de compensations, notamment écologique. En effet, la France veut atteindre 32% de production d’énergies renouvelables d’ici 2030. La programmation pluriannuelle de l’énergie actuellement prévoit la mobilisation de l’équivalent de 27 000 ha d’ici 2028. Ainsi EDF (tout comme d’autres développeurs) souhaite dans les 15 ans à venir mobiliser l’équivalent de 30 000 ha. Or, la production d’électricité à partir de l’énergie solaire ne doit pas conduire à l’artificialisation d’hectares de terres agricoles ou à des diminutions de potentiels de productions agricoles. Si nous voulons des agriculteurs nombreux et des fermes économiquement viables, vivables et transmissibles de type familial, il est impératif de préserver le foncier agricole et de repenser les outils de son partage. Cela ne sera possible qu’avec une véritable impulsion politique et un engagement des élus locaux à mener des politiques d’urbanisation économes en foncier agricole.

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