Depuis plusieurs semaines, les arrêtés anti-pesticides fleurissent dans nombre de départements français. Après celui, fortement médiatisé, du maire de la commune de Langouët, on apprend ça et là que d’autres maires ont pris ce type d’arrêté, illégal, dans la Drôme, l’Hérault ou encore le Doubs.

Que des maires prennent à cœur les risques sur la santé de leurs administrés est une bonne chose ; mais que chacun reste dans son domaine de compétences. Nous sommes conscients que ce sujet peut-être source d’inquiétude chez nos concitoyens. Mais ne répondons pas à cette inquiétude par de la désinformation ou des discours alarmistes.

Lundi 9 septembre dernier, le gouvernement a mis en consultation publique un nouveau dispositif d’encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des habitations. Il s’agit de déterminer la distance minimale à respecter entre les zones d’habitation et les zones d’épandage de pesticides. Les distances minimales proposées par le gouvernement sont les suivantes : 10m minimum pour les cultures hautes (viticulture, arboriculture notamment) et 5m minimum pour les cultures basses (céréales par exemple).

Reconnaissons au gouvernement le « courage » d’avoir pris en compte les distances préconisées par l’Anses, et non celles des maires nouvellement élevés au rang d’experts. Des questions se posent tout de même quant à la pertinence d’une consultation publique sur des sujets aussi pointus. Nous resterons vigilants à l’utilisation des données de cette consultation. Quelle valeur a-t-elle réellement ? Quelle valeur mérite-t-elle d’avoir ? L’instauration de zones de non-traitement à proximité des habitations aura des conséquences économiques importantes puisqu’elles viennent empiéter sur la surface exploitable. Mais également environnementales avec l’augmentation des passages de tracteurs pour l’entretien et le développement de plantes invasives et des risques d’incendies. Nous redoutons des campagnes fantômes et l’enfrichement des petites surfaces agricoles.

L’Etat doit donc prendre la mesure de toutes ces conséquences avant de prendre toute décision. Quelle que soit l’issue de cette concertation, prenons des mesures rationnelles pour les agriculteurs et pour nos citoyens. Réfléchissons ensemble, agriculteurs, chercheurs, élus, pour trouver des solutions responsables prenant en compte et respectant les efforts réalisés par les agriculteurs ces vingt dernières années. Nous y arriverons si nous favorisons le dialogue intelligent à l’écologie punitive.

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